Une enquête menée par Inpact, en collaboration avec le projet Khachu Zhit / I Want to Live, met en lumière une réalité peu documentée : la participation de ressortissants africains aux combats aux côtés de la Russie dans la guerre contre l’Ukraine.
Selon ce rapport, repris par L’Observateur, 316 Africains auraient perdu la vie dans ce conflit depuis le début de l’invasion. Parmi eux figurent six Sénégalais, identifiés comme Ngouda G. (37 ans), Matar D. (35 ans), Malick D. (25 ans), Libass D. (35 ans), Baba N. (25 ans) et Fallou F. (31 ans).
L’enquête indique que quatorze Sénégalais auraient été recensés dans les rangs de l’armée russe engagée sur le front ukrainien. Une donnée qui, bien que numériquement limitée, révèle une implication directe de citoyens sénégalais dans un conflit géopolitique majeur, loin du continent africain.
Au total, 1 416 combattants pro-russes originaires d’Afrique auraient été identifiés. Ces hommes proviendraient de 35 pays différents, traduisant l’ampleur d’un phénomène souvent ignoré dans les débats publics africains.
Si le rapport ne détaille pas les trajectoires individuelles, plusieurs analyses convergent vers des facteurs économiques comme principal moteur de ces engagements. Dans certains cas, des promesses de rémunération, de régularisation administrative ou d’opportunités futures auraient servi de levier de recrutement.
Cette situation soulève des questions sur les circuits de mobilisation, les réseaux d’intermédiation et les mécanismes ayant permis l’intégration de ressortissants africains dans une guerre qui ne concerne pas directement leurs pays d’origine.
Au-delà des chiffres, ces révélations posent un problème de souveraineté et de protection des citoyens. Elles interrogent également la capacité des États africains à prévenir l’implication de leurs ressortissants dans des conflits extérieurs, souvent au péril de leur vie.
La présence de Sénégalais parmi les victimes rappelle que les conséquences des grandes rivalités internationales dépassent largement les frontières européennes. Elles atteignent désormais, de manière concrète et tragique, des familles africaines.
Dans l’ombre des grandes stratégies militaires, ce sont ainsi des destins individuels qui se brisent ,révélant une autre facette, silencieuse, de la mondialisation des conflits.
