La récente offensive menée par la coalition américano-israélienne contre l’Iran n’est pas seulement une crise militaire. Elle révèle des enjeux économiques et géopolitiques mondiaux majeurs, notamment autour du pétrodollar, de la dédollarisation du commerce international et de l’influence croissante de la Chine au Moyen-Orient.
Le déclenchement de l’opération militaire « Epic Fury » par les États-Unis et Israël marque un tournant dans les tensions au Moyen-Orient. Cette offensive, lancée dans la nuit du 27 au 28 février 2026, a ciblé les principaux centres stratégiques iraniens – bases militaires des Gardiens de la Révolution, radars, centres de commandement – ainsi que plusieurs hauts responsables du régime, dont le Guide suprême Ali Khamenei, tué lors de frappes ciblées.
Selon plusieurs analystes internationaux, l’objectif américain dépasse largement le cadre militaire. Washington chercherait à instaurer un « changement de régime » à Téhéran pour protéger l’hégémonie du dollar dans le commerce énergétique mondial. Depuis 2018 et le retrait de l’accord nucléaire iranien, Téhéran a amorcé une stratégie de dédollarisation, notamment via ses accords pétroliers avec la Chine, qui achète une part importante du brut iranien en yuans. Cette démarche s’inscrit dans le cadre plus large des initiatives des BRICS, visant à promouvoir l’usage des monnaies locales dans les échanges internationaux.
Le contrôle américain sur le commerce énergétique mondial repose historiquement sur le pétrodollar. Depuis 1974, les transactions pétrolières se font majoritairement en dollars, obligeant les banques centrales à accumuler la devise américaine comme monnaie de réserve. Cette suprématie est aujourd’hui contestée par l’émergence de la Chine et d’autres économies émergentes. Les États-Unis multiplient ainsi les interventions contre les pays qui s’éloignent du dollar, après des actions similaires au Venezuela, afin de préserver leur influence économique et stratégique.
La dimension géopolitique est tout aussi cruciale. L’Iran, sixième producteur mondial de pétrole avec 4,6 millions de barils par jour, constitue un fournisseur majeur pour la Chine, qui absorbe près de 80 à 95 % de ses exportations malgré les sanctions américaines. Un régime pro-occidental à Téhéran permettrait aux États-Unis de reprendre le contrôle des ressources énergétiques iraniennes et de renforcer leur levier sur Pékin dans les négociations commerciales et tarifaires, tout en ralentissant la dédollarisation de l’économie mondiale.
Enfin, la crise a des répercussions directes sur les marchés mondiaux. La peur d’une extension du conflit et la menace sur l’approvisionnement énergétique ont déjà provoqué des hausses significatives des cours du pétrole et une volatilité sur les Bourses internationales. Dans ce contexte, la guerre en Iran ne se limite pas à un affrontement militaire régional. Elle symbolise une lutte stratégique globale autour du pouvoir économique, du contrôle des ressources énergétiques et de l’ordre monétaire international, avec des conséquences potentielles pour la stabilité du Moyen-Orient et pour l’économie mondiale.
