Depuis 34 mois, le Président Mohamed Bazoum vit privé de liberté dans son propre pays.34 mois d’isolement, d’incertitude et de silence imposé à un homme qui incarnait pourtant la continuité institutionnelle et la légitimité républicaine au Niger.
Le temps passe, mais certaines injustices refusent de s’effacer.
Et celle-ci en est une.
Au-delà des divergences politiques, au-delà des camps et des intérêts géopolitiques, la question qui se pose est simple : peut-on durablement construire un État fort en normalisant la détention d’un président renversé sans procès transparent, sans perspective claire et dans un silence international de plus en plus gênant ?
L’Afrique ne peut pas réclamer le respect de sa souveraineté tout en fermant les yeux lorsque les principes élémentaires de droit, de dignité humaine et de liberté sont piétinés.
Mohamed Bazoum est devenu, malgré lui, le symbole d’une démocratie brutalement interrompue.
On peut contester un homme, combattre ses idées ou s’opposer à sa gouvernance. Mais dans une République, l’adversaire politique ne doit jamais devenir un otage politique.
34 mois après, une évidence demeure : aucune stabilité durable ne peut naître de l’effacement des libertés fondamentales.
L’histoire retiendra les actes, les silences… mais aussi les abandons.
Mamadou Cissé journaliste – Spécialiste du Sahel
