Après dix mois de procédure, l’ancienne ministre de la Femme a bénéficié d’un non-lieu total dans l’affaire relative à la gestion des Fonds Force Covid-19. À la suite de cette décision, Ndèye Saly Dieng appelle à une réflexion approfondie sur le fonctionnement et l’avenir de la Haute cour de justice, dont elle questionne la composition et l’impartialité.
La procédure engagée contre Ndèye Saly Dieng dans le cadre du dossier des Fonds Force Covid-19 a connu son épilogue judiciaire. Poursuivie pour des faits présumés de détournement portant sur un montant estimé à 52 millions de FCFA, l’ancienne ministre a obtenu, mardi 3 mars, un non-lieu total, mettant fin à dix mois de contrôle judiciaire.
Inculpée en mai 2025, elle était traduite devant la Haute cour de justice, juridiction compétente pour juger les membres du gouvernement pour des actes commis dans l’exercice de leurs fonctions. La décision rendue signifie que les charges retenues contre elle n’ont pas été jugées suffisantes pour justifier un renvoi devant une juridiction de jugement. Dans un entretien accordé au quotidien L’Observateur, l’ex-ministre s’est dite confortée dans sa conviction d’innocence. « Au fond de moi, je savais qu’il ne pouvait en être autrement », a-t-elle affirmé, estimant sortir de cette épreuve « renforcée » et saluant au passage le professionnalisme de certains magistrats sénégalais.
Au-delà de sa situation personnelle, Ndèye Saly Dieng a ouvert un débat institutionnel. Elle a appelé à « engager une réflexion sérieuse sur l’avenir » de la Haute cour de justice, voire à envisager sa réforme profonde ou sa suppression. Au cœur de ses interrogations : la composition de cette juridiction, dont l’accusation est portée par des députés issus majoritairement de la majorité parlementaire. Une configuration qui, selon elle, soulève des questions sur « l’équilibre et la perception d’impartialité » du dispositif.
L’ancienne ministre estime que cette juridiction, censée constituer un privilège de juridiction pour les membres du gouvernement, apparaît dans les faits « moins protectrice que les juridictions de droit commun ». Une position qui relance le débat récurrent sur la pertinence et le fonctionnement de cette instance d’exception. L’affaire s’inscrit dans le vaste chantier d’audits et de poursuites liés à la gestion des ressources mobilisées dans le cadre de la riposte contre la pandémie de Covid-19. Plusieurs responsables publics ont été cités ou entendus dans ce contexte, marqué par une forte attente de transparence et de reddition des comptes.
