Le ministre des Finances et du Budget, Cheikh Diba, a fait ce jeudi 26 mars, une mise au point détaillée sur la situation économique et la gestion de la dette, dans un contexte marqué par des incertitudes internationales et une controverse autour des instruments financiers de type Total Return Swap (TRS). Dans cette déclaration, il insiste sur « la dynamique positive » de l’économie sénégalaise, tout en réfutant toute idée de dette dissimulée.
Portée par l’entrée du Sénégal dans le cercle des exportateurs nets d’hydrocarbures, la croissance a atteint 7,8 % en 2025. Les exportations ont progressé de 52 %, soutenues par le pétrole, le gaz et l’or, tandis que les importations ont été contenues à une hausse de 2 %. Dans le même temps, l’inflation est restée maîtrisée à 0,8 % en glissement annuel à fin février 2026, avec une baisse des prix des produits frais et énergétiques.
Sur le plan budgétaire, Cheikh Diba met en avant une trajectoire de consolidation. Le déficit devrait être ramené de 13,4 % du PIB en 2024 à 3 % en 2027, grâce à une meilleure mobilisation des recettes et à une rationalisation des dépenses publiques. Le gouvernement entend toutefois maintenir ses investissements dans les secteurs sociaux, notamment la santé et l’éducation.
Parallèlement, le ministre souligne la poursuite d’une stratégie de financement diversifiée. Un programme de 135 millions de dollars a récemment été conclu avec la Banque mondiale, incluant 35 millions de dons, afin de renforcer les systèmes de santé et la protection des populations vulnérables. Le recours au marché régional reste également central, avec des émissions à maturités longues et à coûts jugés compétitifs.
C’est dans ce contexte que la polémique sur les TRS a émergé, à la suite d’un article du Financial Times. Cheikh Diba conteste fermement certaines interprations, rappelant que « la crédibilité d’un média […] ne signifie pas que tout ce qu’il publie est automatiquement vrai ».
Sur le fond, il explique que ces opérations s’inscrivent dans la stratégie de gestion de la dette et visent à attirer des investisseurs internationaux sur le marché régional. Elles auraient permis d’obtenir des conditions de financement plus avantageuses, avec des taux autour de 7 %, contre 11 à 12 % sur les marchés internationaux, soit une économie estimée à 36 milliards de FCFA par an sur le service de la dette.
Le ministre rejette toute accusation d’opacité, affirmant qu’« il n’y a pas de passif caché » et que ces opérations sont intégrées dans les statistiques de la dette publique. Il précise également que ces instruments ne comportent « aucune condition contraignante » et n’impliquent ni transfert d’actifs publics ni traitement préférentiel pour les investisseurs.
Enfin, Cheikh Diba assure que le recours aux TRS a été effectué « dans la légalité, la transparence » et avec une communication régulière auprès du Parlement, des partenaires techniques et du FMI.
Face aux critiques, il appelle à un débat fondé sur « la robustesse empirique des faits », tout en réaffirmant l’engagement de l’État en faveur d’une gestion « responsable et professionnelle » des finances publiques dans un environnement international incertain.
