ITIE 2025 : les hydrocarbures pèsent désormais 25 % des revenus miniers
Les comptes du secteur extractif sénégalais affichent une progression spectaculaire au premier semestre 2025. Les revenus générés par l’ensemble des sociétés minières et pétrolières, y compris les paiements sociaux et environnementaux, atteignent 303,02 milliards FCFA. C’est 66,44 milliards de plus qu’à la même période en 2024, soit une hausse de 28,08 %. Le rapport de l’Initiative pour la Transparence dans les Industries Extractives (ITIE), publié ce [date], confirme l’irruption des hydrocarbures dans le paysage fiscal sénégalais.
Sur cette enveloppe, 293,24 milliards FCFA ont été affectés directement au budget de l’État, représentant 96,77 % des revenus totaux du semestre. Une part exceptionnellement élevée qui traduit la montée en puissance des nouveaux projets pétrolier et gazier, dont les redevances et parts de production alimentent directement les caisses publiques.
Sangomar, le catalyseur de la croissance
Le champ pétrolier de Sangomar, entré en production commerciale fin 2024, a livré ses premiers effets significatifs. La part de commercialisation revenant à l’État, déclarée par Petrosen et validée par la Direction générale de la Comptabilité publique et du Trésor (DGCPT), s’établit à 37,50 milliards FCFA sur les six premiers mois de l’année. En termes de volumes, ce sont 17 971 563 barils qui ont été commercialisés, expédiés en 19 cargaisons. La valeur totale des ventes s’élève à 1,259 milliard USD, soit 746,88 milliards FCFA.
Dans le détail de la répartition, l’État perçoit 5 % du profit oil, soit 62,95 millions USD (37,34 milliards FCFA). Petrosen, détenteur de 3,6 % des parts, engrange 45,32 millions USD (26,88 milliards FCFA). L’opérateur Woodside Energy, avec 16,4 %, capte 206,47 millions USD (122,48 milliards FCFA). Le coût oil, qui représente 75 % des volumes, est déduit avant le partage des bénéfices.
Le gaz GTA entre en scène
Le projet gazier GTA (Grand Tortue Ahmeyim), dont la production a débuté en 2025, apporte sa pierre à l’édifice. La part sénégalaise est valorisée à 4 544 896,83 USD, soit environ 2,64 milliards FCFA, « conformément au CRPP », précise le document. La production brute atteint 773 787 m3, pour une production nette commercialisée de 666 880 m3. La répartition est paritaire avec la Mauritanie, « conformément à l’accord de coopération inter-États signé le 9 février 2018 ». La part du Sénégal s’élève à 333 440 m3, dont 29 176 m3 reviennent directement à l’État.
Par ailleurs, le gisement Gadiaga/Sadiartou, exploité par Fortesa, a produit 1 173 479 m3 de gaz naturel, vendu localement à la cimenterie Sococim pour 193,63 millions FCFA. L’ensemble du gaz de Fortesa a été écoulé sur le marché intérieur.
Le minier reste dominant, mais son poids s’amenuise
Avec 224,45 milliards FCFA, le secteur minier représente encore 74,07 % des revenus extractifs. Les hydrocarbures pèsent désormais 25,06 %, soit 75,95 milliards FCFA, un seuil symbolique qui devrait continuer de croître.
L’or demeure le produit d’exportation phare. Les exportations du secteur minier atteignent 571,59 milliards FCFA, dont 348,87 milliards générés par l’or, soit 61,03 % du total. L’acide phosphorique suit avec 133,03 milliards (23,27 %), et le ciment avec 42,90 milliards (7,51 %). La production d’or est estimée à 6,168 tonnes, valorisée à 279,64 milliards FCFA.
Les ventes locales, tous minerais confondus, représentent 378,58 milliards FCFA. Le ciment constitue l’essentiel : Sococim Industries écoule 3,20 millions de tonnes pour 152,12 milliards, Les Ciments du Sahel 2,55 millions de tonnes (118,38 milliards) et Dangote 1,35 million de tonnes (63,98 milliards).
Retombées locales et emploi
Les transactions avec des fournisseurs locaux dans le secteur extractif totalisent 487,80 milliards FCFA dans le minier et 87,36 milliards dans les hydrocarbures. Les dépenses sociales obligatoires et volontaires s’élèvent à 2,53 milliards FCFA, tandis que les paiements environnementaux atteignent 749 millions FCFA. L’emploi déclaré par 13 sociétés représente 7 651 personnes au 30 juin 2025, dont 95 % de nationaux. La masse salariale s’établit à 28,72 milliards FCFA.
