Le Gabon élargit son dispositif fiscal aux acteurs de l’économie numérique. Le collectif budgétaire 2026 instaure un régime simplifié de TVA applicable aux fournisseurs et opérateurs de plateformes numériques non-résidents. Ces entreprises deviennent ainsi redevables de la TVA gabonaise sans être tenues de désigner un représentant fiscal accrédité dans le pays.
Le nouveau dispositif couvre un large éventail de services numériques, notamment la diffusion de contenus, l’hébergement de sites internet, les logiciels en tant que service (SaaS), la publicité en ligne ainsi que les prestations professionnelles dématérialisées.
Cette réforme inscrit le Gabon dans une tendance déjà engagée sur le continent. Selon un rapport récent de PwC, 21 pays africains appliquent désormais une TVA aux services numériques. Jusqu’ici, seuls trois pays, dont le Nigeria, le Kenya et le Zimbabwe, imposaient directement les opérateurs numériques non-résidents.
Le Nigeria a notamment renforcé son dispositif depuis le 1er janvier 2026 avec l’entrée en vigueur du Nigeria Tax Act 2025. Le texte prévoit une TVA de 7,5 % sur les services numériques fournis par des entreprises étrangères, ainsi qu’une retenue à la source de 10 %. Au Kenya, la taxe sur les services numériques de 1,5 % a été remplacée fin 2024 par un régime fondé sur la notion de « présence économique significative », avec une taxation des bénéfices à 30 %.
D’autres pays de la région ont également renforcé leur fiscalité numérique. La Côte d’Ivoire applique depuis 2023 une TVA de 18 % sur les commissions des plateformes étrangères. Le Sénégal a instauré un régime comparable depuis juillet, tandis que la Guinée a introduit en mai 2026 une redevance de conformité numérique de 3 %.
Le régime gabonais prévoit toutefois une restriction importante. Les fournisseurs qui optent pour le dispositif simplifié ne pourront pas déduire la TVA supportée sur leurs achats auprès d’assujettis gabonais. Ils seront également soumis à la Contribution Spéciale de Solidarité selon les mêmes modalités déclaratives simplifiées.
Pour Libreville, cette réforme contribue à réduire les écarts réglementaires avec les autres économies de la région et à limiter les possibilités d’arbitrage fiscal entre juridictions de la CEMAC. Elle pose toutefois un défi majeur : assurer le recouvrement auprès d’opérateurs qui ne disposent d’aucune présence physique au Gabon.
