Les charniers , à ciel ouvert, de Tiani, une crise économique radio-active , un noman’s land au cœur du Sahel…
Aucune trêve. Plus d’illusion possible. Après l’attaque de la base aérienne 101, qui a révélé au grand jour la faillite du dispositif sécuritaire, la spirale continue, de plus belle. Jour après jour, le Niger s’enfonce, pris dans un étau, à trois têtes : une junte funeste, des groupes jihadistes meurtriers et une rébellion audacieuse qui frappe désormais le poumon économique du pays : le pétrole.
Pour rappel, au cours de l’attaque de la base aérienne 101, des terroristes avaient marché sur les corps de soldats nigériens et détruit des avions, hélicoptères et drones. La junte paradant avec ses mercenaires russes , avait assuré qu’il y avait eu plus de peur que de mal. C’est à peine qu’il n’avait pas été proclamé que tout risque avait été écarté, que le pays ne court plus aucun danger réel et imminent.
Une ènième tentative désespérée de manipulation de l’opinion, s’inscrivant dans la culture éprouvée du mensonge d’Etat et du déni permanent !
Depuis la nuit cauchemardesque de janvier 2026, le Niger n’a pas connu le moindre répit. Il ne se passe pas une seconde sans explosions, sans enlèvements, sans que le sang d’innocents ne coule aussi, malheureusement. Le mardi 10 février 2026, la machine infernale s’est emballée comme jamais.
À Baroua, région de Diffa ,Diffa qui respirait la paix avant que Tiani et ses complices ne viennent tout saccager , un bus civil a sauté sur une mine EEI à 9h45. 11 morts sur le coup, dont un garde national en permission. Onze vies fauchées en une fraction de secondes, pendant que les généraux d’opérette de Niamey continuent de se la couler douce aux frais du contribuable et n’ont de cesse de se pavaner en treillis devant les caméras de propagande , au nez et à la barbe, d’un peuple opprimé et déprimé.
Dans la nuit, du 7 au 8 février 2026, l’ISWAP débarqua à Gagamari (Chetimari) comme en terrain conquis. Ses éléments raflèrent 28 jeunes hommes, triés sur le volet, embarqués de force , comme des bêtes de somme. Le lendemain, ils relâchèrent le plus jeune afin qu’il porte leur message , sous forme d’avertissement ferme et de sombre présage : « On reviendra en prendre d’autres. » Et les bases militaires ? Pourtant situées à trois kilomètres de Chetimari, à six de Gargada, elles sont restées inertes, figées , inanimées, sans aucune réaction ni le moindre sursaut. Aucune opération de secours ni riposte organisée. Sous la direction des putschistes au pouvoir, les forces de défense et de sécurité nigériennes sont réduites à l’impuissance et brillent par leur esprit démissionnaire et défaitiste. Elles se révélent incapables de remplir des missions dont elles s’acquittaient avec courage et détermination dans un passé récent, lorsque le pays n’était pas tombé dans de mauvaises mains. Maintenant, elles sont devenues totalement inopérantes et excessivement budgétivores et surtout le principal bourreau de populations asservies par ses officiers renégats.
Des chefs de villages comme Tchigamari, Malam Boukardi, N’Guel Kolo, Mesouleri ,moisissent dans des geôles à Diffa depuis deux mois. Ils sont accusés de « financer» les terroristes par le biais de cotisations. La triste réalité, inavouable et très accablante pour les autorités de fait, ce que les populations paient pour survivre, parce que l’État les a abandonnées à leur sort ! La junte accuse les victimes d’être acquises à la cause de leurs bourreaux ou de complicité avec eux. C’est le règne de l’absurde marqué par des rôles et charges inversés, cyniquement : les oppresseurs se drappent dans la fonction de procureurs, les opprimés sont désignés coupables.
Dans cet épais brouillard et climat délétère , le MPLJ de Moussa Kounaï frappe au cœur du régime : attaques simultanées sur Ngourti, Tantamourde (Agadem), Koulele, puis l’assaut massif sur le site pétrolier de Djibeilla-Agadem. Des colonnes de dizaines de pick-up armés jusqu’aux dents ! Dans leur communiqué incendiaire, les assaillants annoncent : 3 véhicules FDS détruits, des infrastructures pétrolières ravagées, au moins 24 soldats tués. De leur côté ? Trois blessés, un repli maîtrisé, un véhicule saboté pour ne rien laisser qui pourrait alimenter la junte ou lui servir à quoi que ce soit.
Moussa Kounaï ne mâche pas ses mots : il veut la chute totale d’un régime qu’il juge illégitime. Il met la CNPC chinoise en garde : « Collaborez avec ces voleurs, et vos installations brûleront avec eux. » Le pétrole ,cet or noir qui devait sortir le Niger de la misère , est devenu l’arme fatale contre Tiani. Sans revenus pétroliers, la junte s’effondre comme un château de cartes .
Il est temps pour le peuple nigérien martyrisé de se libérer de ses chaînes et d’entreprendre la lutte pour sa libération effective en prenant conscience des hypothèques au nombre de trois au moins qui pèsent sur son destin :
- Une junte incompétente, arrogante, vivant en autarcie. Cette oligarchie militaire qui a déclaré la guerre au monde entier, tout en pactisant avec des mercenaires et les Chinois qui pillent les ressources nationales.
- Des jihadistes qui enlèvent des enfants, au vu et au su de tout le monde, au milieu de la nuit. L’armée détourne le regard et semble avoir d’autres priorités que la sécurité des biens et des personnes et l’intégrité du territoire.
- Une rébellion qui s’attaque au poumon économique , en guise de représailles, contre un régime qui a trahi et ruine des acquis séculaires.
En résumé, Diffa était tranquille et paisible. Aujourd’hui, c’est un enfer. Le Nord-Est saigne. L’économie agonise. La sécurité n’existe plus. Et Tiani ? Il continue de faire des plans sur la comète à la télévision nationale dont il est devenu l’un des chroniqueurs les plus assidus. Il multiplie les numéros de cirque et ne se lasse guère de promettre des miracles, des lendemains meilleurs qui, bien sûr, ne viendront jamais.
Chaque jour qui passe est un pas de plus vers le gouffre. La descente aux enfers ne s’arrête pas. Elle s’accélère, plutôt. Le peuple en paie un très lourd tribut : des vies arrachées, le plus souvent, à la fleur de l’âge. Des rivières de sangs, des vagues de drames, des flots de larmes, un avenir sous hypothèque , voilà ce que Tiani et ses comparses offrent aux Nigériens, au quotidien, veulent leur réserver comme destinée, voire, voudraient leur imposer comme fatalité.
Il est temps de s’indigner et de se révolter pour les patriotes et démocrates Nigériens.
La junte, en aucun cas, ne peut être la solution. Elle est la source de tous les problèmes et de tous les malheurs. Elle agit comme un cancer, au stade terminal.
Le Niger ne peut plus souffrir d’attendre.
Chaque nigérien doit faire sienne la réflexion de Thomas Jefferson :
» Quand l’injustice devient loi, la rébellion devient un devoir. «
Samir Moussa
