Le silence autour d’une éventuelle candidature de Macky Sall au poste de Secrétaire général des Nations unies lors du 39e sommet de l’Union africaine n’est pas un oubli,mais un choix stratégique.
En coulisses, les chefs d’État africains auraient privilégié une approche discrète : traiter la question dans un cadre restreint, loin des déclarations publiques. Des consultations par visioconférence entre présidents seraient envisagées afin de rechercher un consensus continental sans exposer prématurément les lignes de fracture.
Cette prudence s’explique aussi par une réalité institutionnelle. À Addis-Abeba, le Sénégal était représenté par le Premier ministre Ousmane Sonko. Or, dans le fonctionnement de l’UA, les arbitrages sur les grandes candidatures internationales relèvent exclusivement de la Conférence des chefs d’État.
Le Premier ministre porte la voix politique, mais ne siège pas dans ce cénacle où se jouent les équilibres diplomatiques majeurs. En déplaçant le débat vers un format présidentiel, l’UA inscrit la question dans le registre de la haute diplomatie.
Dès lors, le dossier devient un face-à-face entre chefs d’État, où le président Bassirou Diomaye Faye devra défendre — ou non — une option sénégalaise.
La question de Macky Sall à New York dépasse ainsi le cadre gouvernemental : elle relève désormais d’un choix de souveraineté présidentielle et d’un éventuel consensus africain.
