Dakar accueillera le 23 mai prochain un débat public et un dialogue citoyen consacrés à la « Décennie de l’Union africaine sur les réparations liées à l’esclavage et à la colonisation ». Organisée à la Maison de la Presse, cette rencontre placée sous le thème « Devoir de mémoire, justice et réparations : bâtir un avenir juste pour l’Afrique » réunira jeunes, universitaires, parlementaires, diplomates, artistes, représentants de la société civile et membres de la diaspora africaine.
L’initiative, portée avec plusieurs partenaires dont Open Society Foundations, Trust Africa, ONE, JCI et Afrikajom Center, s’inscrit dans le cadre de la Journée de l’Afrique célébrée chaque 25 mai. Les organisateurs veulent faire de cette date « un moment de réflexion collective et d’engagement renouvelé » autour des enjeux d’unité, de souveraineté et de justice historique pour le continent.
Selon la note conceptuelle, l’événement intervient dans un contexte marqué par le lancement de la Décennie des réparations de l’Union africaine (2026-2036). Cette initiative continentale vise à dépasser « la mémoire et l’indignation morale » pour engager des actions concrètes autour de la reconnaissance, de la restitution culturelle, de la justice économique, de la réforme des institutions internationales ou encore de l’annulation de la dette.
Les organisateurs estiment que les conséquences de l’esclavage et de la colonisation restent visibles à travers « les relations commerciales inégales, la dette insoutenable, l’extraction des richesses africaines sans bénéfices locaux suffisants » ainsi que la faible représentation de l’Afrique dans les institutions mondiales.
Le dialogue prévu à Dakar ambitionne également d’élargir le débat au-delà des cercles diplomatiques et académiques afin d’impliquer davantage les citoyens, particulièrement les jeunes générations. Plusieurs questions seront au centre des échanges, notamment les formes possibles des réparations, la restitution des artefacts culturels africains, les réformes institutionnelles et le rôle des États africains dans la construction de sociétés plus justes.
Les organisateurs espèrent aboutir à des recommandations citoyennes, à une déclaration publique de Dakar ainsi qu’à une participation accrue des jeunes au débat sur la justice réparatrice et l’avenir du continent africain.
