Des réformes ciblées de la politique numérique pourraient connecter 1,13 million de personnes supplémentaires à l’internet mobile à Madagascar et générer 4 100 milliards d’ariary (MGA) de PIB supplémentaire d’ici 2031, selon un rapport de la GSMA présenté lors du Digital Africa Summit organisé à Madagascar.
Intitulé Madagascar Digital Economy : Policy Reforms that will drive Madagascar’s Digital Future, le document identifie quatre priorités pour accélérer l’inclusion numérique : rendre les smartphones plus abordables, étendre les réseaux dans les zones rurales, réformer la fiscalité du secteur mobile et stimuler l’utilisation des services numériques.
Malgré la progression des connexions mobiles, passées de 12,3 millions en 2021 à 22,5 millions fin 2025, l’adoption de l’internet mobile reste limitée. Sa pénétration individuelle n’atteignait que 14,3 % en 2025. En 2026, 66 % de la population vivait dans une zone couverte par le haut débit mobile sans utiliser ce service.
L’accessibilité des smartphones et le manque de compétences numériques constituent des obstacles majeurs. Environ un tiers de la population rurale reste également hors de portée de la couverture 4G, en raison notamment du relief, du faible accès à l’électricité et du coût élevé des infrastructures.
Quatre leviers pour accélérer l’inclusion numérique
La GSMA recommande de réduire les taxes sur les smartphones d’entrée de gamme, notamment les droits d’importation de 20 %, les droits de douane de 6 % et la taxe de régulation de 1 %, tout en envisageant une exonération ciblée de la TVA. Le rapport préconise également de faciliter le financement des appareils.
Pour les réseaux ruraux, l’organisation propose un plan de connectivité, une réforme du Fonds de développement des technologies de l’information et de la communication (FDTIC) et une meilleure coordination des investissements dans les télécommunications et l’électricité.
La réforme fiscale figure aussi parmi les priorités, avec la suppression envisagée de la taxe d’accise sectorielle de 8 % et la réduction de 2 % à 1 % de la taxe sur la régulation des télécommunications et des TIC. La GSMA préconise enfin le développement de services numériques accessibles par la voix, notamment en malgache, pour les personnes ayant un niveau d’alphabétisation limité.
« Les réseaux mobiles en expansion de Madagascar offrent une base solide pour la transformation numérique », a déclaré Angela Wamola, responsable Afrique de la GSMA, en évoquant notamment le potentiel des services vocaux pour accompagner les populations rurales.
Le spectre, autre levier de croissance en Afrique
Un second rapport de la GSMA souligne l’importance de la politique du spectre radioélectrique pour soutenir les investissements. Selon ce document, les coûts du spectre en Afrique sont en moyenne 24 % plus élevés qu’ailleurs, rapportés aux revenus des opérateurs et ajustés selon la quantité de fréquences attribuées.
La GSMA recommande notamment des licences d’au moins 20 ans, des conditions technologiquement neutres et des feuilles de route à long terme. D’ici 2035, ces réformes pourraient étendre la couverture 4G à 50 millions de personnes supplémentaires et la couverture 5G à 170 millions de personnes, tout en augmentant la vitesse moyenne de téléchargement d’au moins 30 %.
