Le dialogue engagé entre le gouvernement et les acteurs du transport routier n’a pas permis d’éviter la poursuite du mouvement de grève. Dans un communiqué publié à l’issue d’une réunion tenue le 5 avril 2026 à Diamniadio, le ministère des Transports terrestres et aériens (MiTTA) fait état d’« accords intervenus sur différents points », tout en regrettant le maintien de la mobilisation syndicale.
Cette rencontre, qui a duré plus de neuf heures, a permis d’examiner les principales revendications des transporteurs, notamment la question des 6 886 minicars convoqués à Dakar pour la visite technique, la circulation nocturne, la réduction des points de contrôle ou encore la réglementation des plateformes numériques de transport.
Parmi les avancées concrètes, les parties ont convenu du « déploiement (…) d’un banc mobile de contrôle technique dans les régions », avec une possibilité de prolongation des délais jusqu’en juin 2026 . Un accord a également été trouvé sur la « restauration immédiate du dispositif simplifié de contrôle » aux postes de pesage, ainsi que sur des mesures transitoires concernant les certificats d’immatriculation.
Sur le plan social, l’État a acté « l’extension (…) du régime spécial de sécurité sociale » au secteur des transports routiers, avec une priorité accordée aux travailleurs de l’AFTU . Un comité ad hoc réunissant l’État, les syndicats et les transporteurs doit par ailleurs être mis en place pour assurer le suivi des engagements et approfondir les discussions.
Malgré ces avancées, le ministère souligne avoir été surpris par la décision des responsables syndicaux d’annoncer « la poursuite de leur mouvement de grève jusqu’à nouvel ordre » . Une position qui traduit la persistance de divergences sur certains points jugés essentiels par les transporteurs.
Face à cette situation, les autorités se veulent fermes. Le MiTTA indique qu’il « se réserve le droit de recourir à tous les moyens légaux nécessaires pour assurer la continuité du service public » . En parallèle, des mesures sont prévues, en coordination avec les forces de défense et de sécurité, pour garantir la circulation des transporteurs souhaitant poursuivre leurs activités.
Dans un secteur clé pour l’économie et la mobilité urbaine, ce bras de fer illustre les tensions persistantes entre exigences de régulation et réalités socio-économiques des acteurs. Le gouvernement réaffirme toutefois sa « disponibilité à poursuivre le dialogue », laissant entrevoir la possibilité d’une sortie de crise négociée.
