Les pays de l’Alliance des États du Sahel (AES) restent confrontés à un important déficit en matière d’accès à l’enseignement supérieur. Selon des données de la Banque mondiale (WDI) et de l’Institut de statistique de l’UNESCO, la part des adultes âgés de 25 ans et plus ayant atteint au moins un cycle d’enseignement supérieur court s’établit à 3,90 % au Mali, 2,95 % au Burkina Faso et 1,25 % au Niger.
Sur la base d’une moyenne simple, les trois pays affichent ainsi un taux d’environ 2,7 %. Ce niveau place l’espace AES parmi les moins avancés d’Afrique de l’Ouest en matière de formation supérieure. Le Niger figure notamment parmi les pays affichant les proportions les plus faibles de la région, tandis que la moyenne de l’AES reste seulement supérieure à celle de la Sierra Leone, qui ressort à 1,15 %.
L’écart est beaucoup plus marqué avec les pays ouest-africains les mieux positionnés. La proportion atteint 7,83 % en Côte d’Ivoire, 9,12 % au Ghana, 9,06 % au Nigeria et 9,77 % au Cap-Vert. Les différences deviennent encore plus importantes lorsqu’elles sont comparées aux niveaux observés dans les économies développées. La proportion est estimée à environ 28 % en Europe et 49 % en Amérique du Nord.
Ces écarts mettent en évidence un défi structurel pour les économies de l’AES. La faiblesse de l’accès à l’enseignement supérieur limite le nombre de travailleurs disposant de qualifications avancées et peut peser sur la disponibilité des compétences nécessaires à la transformation économique.
Pour le Mali, le Burkina Faso et le Niger, l’enjeu dépasse ainsi la seule question de l’accès aux universités. Le développement du capital humain constitue également un levier pour améliorer la productivité, accompagner la diversification des économies et répondre aux besoins en compétences dans des secteurs comme l’industrie, les technologies, les services et les infrastructures.
Les données soulignent donc l’ampleur du retard à combler pour rapprocher les pays de l’AES des niveaux enregistrés dans plusieurs autres économies ouest-africaines. Elles mettent également en évidence l’importance des politiques publiques consacrées à la formation supérieure et au développement des compétences.
