Les administrations fiscales africaines ont identifié plus de 4,6 milliards d’euros de recettes supplémentaires entre 2009 et 2025 grâce aux mécanismes internationaux de transparence et d’échange de renseignements. Le chiffre ressort de l’édition 2026 du rapport Transparence fiscale en Afrique du Forum mondial sur la transparence et l’échange de renseignements à des fins fiscales.
Ces recettes correspondent aux impôts, intérêts et pénalités identifiés à la suite de contrôles et d’enquêtes rendus possibles par l’accès à des informations détenues à l’étranger. Le montant est toutefois à distinguer des recettes effectivement encaissées, certaines créances pouvant encore faire l’objet de procédures de recouvrement ou de contestations.
Sur les 4,6 milliards d’euros, environ 1,46 milliard provient directement de l’échange de renseignements sur demande. Ce mécanisme permet aux administrations fiscales de solliciter auprès de leurs homologues étrangers des informations sur les revenus, actifs ou avoirs détenus par des contribuables à l’extérieur de leur pays. Les autres mécanismes pris en compte dans le rapport ont permis d’identifier environ 3,17 milliards d’euros supplémentaires.
La dynamique s’est poursuivie en 2025. Les administrations africaines ont identifié 417 millions d’euros de recettes supplémentaires au cours de cette seule année grâce à l’échange de renseignements sur demande, aux enquêtes fiscales internationales et à l’échange automatique de renseignements. Ce montant représente près de 9 % du total identifié depuis 2009.
L’utilisation de ces instruments progresse également. En 2025, 25 pays africains ont activement utilisé l’échange de renseignements sur demande et adressé 909 demandes à des partenaires étrangers. L’Afrique demeure ainsi globalement émettrice nette de demandes de renseignements.
L’échange automatique permet, de son côté, d’accéder à des volumes considérables d’informations financières. En 2025, les pays africains participant au dispositif ont reçu des données concernant près de 3 millions de comptes financiers détenus à l’étranger, représentant plus de 259 milliards d’euros d’actifs.
À fin 2025, huit pays africains procédaient effectivement à ces échanges automatiques, tandis que treize autres s’étaient engagés à les mettre en œuvre. Le principal défi réside désormais dans la capacité des administrations à exploiter ces données pour identifier les dossiers présentant les enjeux fiscaux les plus importants.
Le Forum mondial souligne ainsi que l’accès à l’information ne suffit pas. Les administrations doivent également disposer de compétences, d’outils numériques et de capacités d’investigation permettant de transformer les renseignements reçus en redressements fiscaux puis en recettes effectivement recouvrées.
