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Le Conseil pour l’observation des règles d’éthique et de déontologie dans les médias (CORED) a installé, mercredi à Dakar, son nouveau Tribunal des pairs pour la mandature 2026-2029. Composé de 12 membres, cet organe s’engage à exercer sa mission en toute indépendance et impartialité, dans le respect des règles professionnelles du journalisme.
La cérémonie a été présidée par le ministre de la Communication et des Relations avec les institutions, porte-parole du gouvernement, Bakary Sarr, en présence de doyens et de professionnels des médias.
Dans leur déclaration d’engagement, lue par leur porte-parole, Awa Thiaw, les membres du Tribunal ont affirmé leur volonté de ne se laisser dicter leur conduite, leurs opinions ou leurs jugements par aucun pouvoir politique, financier ou autre. Ils se sont engagés à instruire « avec droiture et diligence » les manquements présumés aux règles d’éthique et de déontologie, par auto-saisine ou à la suite de plaintes.
Ils ont également promis de veiller à ce que les professionnels des médias ne subissent aucune pression, particulièrement dans les situations délicates. La lutte contre le plagiat, la malveillance et les comportements hostiles entre journalistes figure parmi leurs engagements. Leur déclaration insiste aussi sur le droit du public à une information équilibrée, juste et objective, ainsi que sur le respect de la vie privée et le rejet des contenus fondés sur la discrimination, la haine ou la vengeance.
Une autorégulation à vocation pédagogique
Les membres du Tribunal privilégient une approche pédagogique de la discipline professionnelle. « Le premier jugement des journalistes et techniciens des médias doit être celui de leurs pairs », a déclaré Awa Thiaw, journaliste au groupe Sud Communication. Selon elle, ce jugement doit autant que possible contribuer à la défense et au renforcement de la profession, plutôt que constituer une condamnation définitive.
Présidant la cérémonie, Bakary Sarr a appelé à promouvoir une autorégulation davantage préventive et pédagogique, adaptée aux mutations du paysage médiatique et aux exigences de responsabilité professionnelle. Le président du CORED, Ousmane Ibrahima Dia, a, pour sa part, plaidé pour un renforcement des moyens de l’instance afin qu’elle puisse accomplir pleinement sa mission. Il a rappelé que toute personne physique ou morale estimant qu’un manquement déontologique a été commis dans les médias peut saisir le Conseil, qui dispose également du pouvoir d’auto-saisine.
L’intelligence artificielle au cœur des débats
La cérémonie a été marquée par une leçon inaugurale du professeur de droit Abdoulaye Sakho sur le thème « Régulation et autorégulation : enjeux et défis face à l’essor de l’intelligence artificielle ». Le juriste a souligné que l’intelligence artificielle ne saurait remplacer la responsabilité humaine dans la production de l’information. Il a notamment alerté sur les risques de fabrication de faits ou de citations et de diffusion d’images manipulées, appelant à adapter les pratiques professionnelles aux nouvelles réalités numériques.
De son côté, la directrice des Affaires civiles et du Sceau au ministère de la Justice, Marie Odile Thiakane, a évoqué l’intérêt des mécanismes de proximité, de médiation et de conciliation. Elle a exprimé la disponibilité de son département à accompagner les professionnels des médias, notamment par la formation et les échanges sur les textes encadrant leurs activités.
