Placé en garde à vue depuis samedi dernier, le responsable politique Ndiaga Seck a d’abord nié les faits qui lui sont reprochés. Selon le procès-verbal d’enquête transmis au tribunal de grande instance de Louga, l’exploitation sommaire de son téléphone – effectuée avec son autorisation – a permis de confirmer les accusations du détenu Ahmadou Lamine Dia.
Confronté aux preuves, le quinquagénaire a « vidé son sac » en garde à vue. « Mes parents ont divorcé lorsque j’avais entre 4 et 5 ans. On m’avait confié à ma grand-mère paternelle qui vivait à Ziguinchor. C’est là-bas que j’effectuais des tâches ménagères », a-t-il déclaré au commissariat urbain de Linguère, selon les minutes de son audition obtenues par Seneweb.
C’est à Ziguinchor qu’il dit avoir hérité de ses gestes efféminés. Avec des garçons de son âge, ils ont commencé, dit-il, à commettre des attouchements, « sans toutefois passer à l’acte sexuel durant cette période ».
Sa vie bascule après ses études universitaires, entre 1998 et 1999. Dans un cybercafé, il se connecte sur un site de rencontres amicales. Il y fait la connaissance d’un métis basé en France. « Il m’a dragué en me demandant si j’avais déjà entretenu des relations sexuelles avec un homme. Face à ses insistances, je lui ai répondu qu’il serait mon premier partenaire sexuel. […] Il était logé à l’hôtel Le Méridien Président à l’époque. Nous sommes passés à l’acte sexuel et j’étais le sujet actif. »
Via la même plateforme, Ndiaga Seck rencontre un certain Papis Camara, qui lui aurait exprimé des sentiments amoureux. Seck répond favorablement à son invitation. « Je recevais mes partenaires à mon domicile. Je suis un sujet actif », a-t-il confié aux enquêteurs.
Selon le dossier déposé sur le bureau du magistrat instructeur, Seck affirme aujourd’hui s’être repenti et avoir définitivement tourné la page. Il dit même avoir contacté des homosexuels pour les « sensibiliser ». Il a également déclaré s’être rendu à La Mecque à plus de trois reprises.
Lors de ses aveux, Ndiaga Seck a livré l’identité d’une dizaine de ses partenaires, accompagnée de leurs numéros de téléphone, d’après des sources de Seneweb. Conduit ce matin devant le juge d’instruction de Louga, il risque d’être écroué dans les prochaines heures.
Son téléphone portable, placé sous scellés après son interpellation, sera transmis à la Division spéciale de cybersécurité (DSC) pour une exploitation approfondie.
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