Le Haut-commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme appelle le président sénégalais à ne pas promulguer la nouvelle loi votée par l’Assemblée nationale, estimant qu’elle pourrait porter atteinte aux libertés fondamentales.
L’adoption par l’Assemblée nationale sénégalaise d’une loi renforçant les sanctions contre les actes qualifiés « d’actes contre-nature » continue de susciter des réactions à l’international. Après plusieurs prises de position d’acteurs politiques étrangers, c’est désormais le Haut-commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme, Volker Türk, qui a exprimé son inquiétude face à ce texte législatif. La réforme, proposée par le Premier ministre Ousmane Sonko et adoptée par les députés, prévoit notamment un doublement des peines prévues pour les relations homosexuelles, désormais passibles de cinq à dix ans d’emprisonnement. Dans une déclaration rendue publique, Volker Türk s’est dit préoccupé par l’impact potentiel de cette loi sur les droits et libertés fondamentales.
« L’adoption par le Parlement sénégalais d’une nouvelle loi qui double la peine maximale d’emprisonnement pour les relations homosexuelles consenties à 10 ans et punit la soi-disant « promotion, soutien ou financement » de l’homosexualité, de la bisexualité et de la transsexualité est profondément préoccupante. Elle va à l’encontre des droits humains sacro-saints dont nous jouissons tous : le droit au respect, à la dignité, à la vie privée, à l’égalité et aux libertés d’expression, d’association et de réunion pacifique », a déclaré le responsable onusien.
Selon lui, ces droits sont consacrés par plusieurs instruments internationaux, notamment la Déclaration universelle des droits de l’homme et différents traités relatifs aux droits humains auxquels le Sénégal est partie. Volker Türk estime également que l’adoption d’une telle législation pourrait exposer certaines personnes à des abus ou à des discriminations dans différents domaines de la vie sociale.
« Ces droits sont consacrés dans la Déclaration universelle des droits de l’homme, ainsi que dans les traités relatifs aux droits humains auxquels le Sénégal est partie. Cette loi expose les personnes à des crimes de haine, à des abus, à des arrestations arbitraires, au chantage et à une discrimination généralisée dans les domaines de l’éducation, de la santé, de l’emploi et du logement. En outre, elle restreint le travail légitime des défenseurs des droits humains, des médias et la liberté d’expression de tous au Sénégal ». Face à cette situation, le Haut-commissaire des Nations Unies a directement interpellé le chef de l’État sénégalais sur l’avenir de cette loi.
« J’exhorte le Président de la République à ne pas promulguer cette loi néfaste et les autorités à abroger la loi discriminatoire existante et à respecter les droits humains de tous au Sénégal, sans discrimination », a-t-il déclaré. Pour rappel, la loi adoptée par les députés prévoit un renforcement des sanctions pénales pour les actes qualifiés d’« actes contre nature ».
