La Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf) veut accélérer la digitalisation des procédures douanières sur le continent. Son secrétariat général a conclu, le 5 août à Abuja, un contrat de concession d’une durée de 20 ans, évalué à 3,1 milliards de dollars, avec la société nigériane Bergmans Security Consultants and Supplies.
Le projet prévoit le déploiement d’une infrastructure numérique destinée à moderniser les procédures douanières dans 50 pays africains. Sa mise en œuvre sera assurée par AfriTrade CMP, une filiale du groupe nigérian, qui devra notamment harmoniser les formalités aux frontières et permettre le suivi en temps réel des marchandises.
L’objectif est de remplacer progressivement les procédures manuelles par un système numérique intégré permettant une meilleure traçabilité des échanges. La ZLECAf entend ainsi réduire les risques de corruption, limiter les pertes de recettes publiques et lutter contre certaines pratiques frauduleuses, notamment la surfacturation et la sous-facturation.
La centralisation et le partage sécurisé des données douanières doivent également permettre aux administrations nationales de disposer d’une meilleure visibilité sur les marchandises circulant à travers les frontières africaines. Pour les opérateurs économiques, la digitalisation pourrait contribuer à réduire les délais et les lourdeurs administratives qui continuent de peser sur le commerce intra-africain.
Les échanges commerciaux entre pays africains ont atteint 220 milliards de dollars en 2024, en hausse de 12,5 % sur un an. La ZLECAf ambitionne de doubler ces flux d’ici 2035. Le projet s’appuie notamment sur l’expérience de Bergmans au Nigeria, où la modernisation des services douaniers aurait contribué à une hausse de 90,4 % des recettes nationales.
La mise en œuvre du contrat devra toutefois préciser plusieurs paramètres, notamment le calendrier opérationnel et les modalités de rémunération du concessionnaire. Le projet s’inscrit plus largement dans les efforts engagés pour renforcer la confiance numérique et faciliter les échanges sur le continent.
La transformation des procédures douanières constitue en effet l’un des volets de l’intégration économique africaine. Elle devra être accompagnée par le développement de systèmes d’identité numérique interopérables et de mécanismes de paiement transfrontalier capables de réduire les coûts des transactions. L’enjeu est de lever simultanément les obstacles administratifs, numériques et financiers qui continuent de limiter le potentiel du commerce intra-africain.
