L’ancienne Première ministre Aminata Touré a relancé le débat sur les fonds spéciaux, la déclaration de patrimoine et la gestion des ressources publiques. Lors d’un point de presse, la superviseure de Kiraay a notamment interpellé le Premier ministre Ousmane Sonko sur l’utilisation de crédits qu’il aurait auparavant qualifiés de « haram ».
Sur la déclaration de patrimoine, Aminata Touré estime que la polémique n’a pas lieu d’être. Elle affirme que celle du président de la République a déjà été déposée auprès du Conseil constitutionnel et publiée sur son site. Selon elle, Bassirou Diomaye Faye aurait lui-même demandé l’extension de cette obligation au Premier ministre et au président de l’Assemblée nationale.
La question des fonds spéciaux a, en revanche, donné lieu à une charge plus directe. Aminata Touré rappelle que ces mécanismes existent dans plusieurs États et servent notamment à financer des questions liées à la sécurité et à la défense. « Tous les États ont des fonds spéciaux et ça sert surtout pour la sécurité. C’est pourquoi on les appelle fonds secrets », a-t-elle déclaré.
Pour l’ancienne Première ministre, le débat porte davantage sur les conditions de contrôle et de transparence de ces ressources. Elle s’appuie notamment sur le décret de 2004 portant création du Programme de gestion de la paix en Casamance. Celui-ci prévoit une procédure particulière de mobilisation des crédits destinés au fonctionnement et aux activités opérationnelles du programme.
L’article 5 du texte dispose que, par dérogation aux règles générales de la comptabilité publique, certaines dépenses ne sont pas justifiées « en raison des nécessités de défense liées à ces opérations ». Une disposition qu’Aminata Touré utilise pour questionner la position d’Ousmane Sonko sur les dépenses non justifiées.
Elle affirme qu’en 2025, environ 2 milliards de FCFA, puis 1,7 milliard de FCFA, auraient été utilisés dans le cadre de ces fonds, tout en estimant que leur utilisation n’aurait pas été suffisamment justifiée. Elle évoque notamment des explications relatives à l’achat de véhicules puis à la construction d’un bâtiment, qu’elle assimile à un « détournement d’objectifs ».
Selon elle, près de 3 milliards de FCFA seraient ainsi restés sans justification sur la période 2025-2026. Ces montants et accusations, avancés par Aminata Touré, devront toutefois être confrontés aux documents budgétaires et aux explications officielles des autorités concernées.
L’ancienne Première ministre a également abordé les moyens consacrés aux actions sociales. Elle affirme qu’Ousmane Sonko se serait rendu auprès du président de la République pour faire part de difficultés financières liées à certaines actions sociales. Selon elle, le chef de l’État aurait apporté son soutien financier à plusieurs reprises.
« Les gens me demandent : le président lui donnait sur ses fonds ? Pas une, ni deux, ni trois, ni quatre fois », a-t-elle déclaré. Elle conclut en affirmant : « Nous n’accepterons jamais qu’on intimide l’opinion ».
