L’écart de perception du risque entre le Gabon et le Sénégal s’est fortement accentué ces derniers mois sur les marchés obligataires. Selon l’indice des marchés émergents de JPMorgan, le spread souverain gabonais s’est resserré à environ 608 points de base, contre 1 541 points de base pour le Sénégal. En début d’année, les deux signatures évoluaient pourtant autour de 1 000 points de base au-dessus des bons du Trésor américain.
Cette divergence s’explique notamment par les résultats des audits sur les finances publiques des deux pays. Au Gabon, un audit réalisé avec le soutien du Fonds monétaire international (FMI) aurait fait ressortir un niveau d’endettement inférieur aux estimations précédentes. Cette évolution réduit les craintes d’une restructuration de la dette avant la conclusion d’un nouveau programme avec le FMI.
Au Sénégal, l’audit réalisé par Forvis Mazars a, au contraire, établi la dette publique à 23 666,8 milliards de FCFA à fin 2024, soit 118,8 % du PIB, et mis en évidence environ 7 milliards de dollars d’emprunts non déclarés. En 2025, le service de la dette a atteint 4 357,5 milliards de FCFA, dont 3 269,4 milliards en principal et 1 088,1 milliards en intérêts et commissions.
Pour plusieurs analystes cités par Bloomberg, l’amélioration de la perception du Gabon traduit une confiance accrue dans sa capacité à négocier un accord avec le FMI sans restructuration préalable de sa dette. Au Sénégal, la pression reste plus forte malgré la poursuite du remboursement de la dette et le recours au marché domestique, indique Sila finance.
La loi de finances 2026 prévoit ainsi un besoin de financement de 6 075 milliards de FCFA. JPMorgan estime que les obligations sénégalaises à échéance 2033 intègrent déjà certaines hypothèses de réaménagement de la dette.
