Depuis quelques jours, les Sénégalais assistent avec incompréhension à une scène pour le moins regrettable : une sorte de compétition d’invitations de Ndogou entre le Président de la République et son Premier ministre. Ce spectacle est non seulement inutile, mais profondément déplacé au regard des difficultés que traverse notre pays.
Le Ndogou, dans notre tradition, est un moment de partage, de solidarité et de fraternité pendant le mois béni de Ramadan. Il ne doit en aucun cas devenir un instrument de rivalité politique ou une démonstration d’influence au sommet de l’État.
Pendant que certains semblent occupés à mesurer leur popularité à travers des invitations, le peuple sénégalais, lui, fait face à des préoccupations bien réelles : la cherté de la vie, le chômage, les difficultés sociales, l’insécurité dans certains quartiers et la fatigue accumulée après plusieurs années de tensions politiques et économiques.
Le Sénégal n’a pas besoin d’un duel symbolique entre ses deux principales autorités exécutives.
Il faut rappeler une évidence institutionnelle : dans un régime fortement présidentialiste comme le nôtre, il ne peut pas y avoir de dualité de pouvoir entre un Président de la République et son Premier ministre. L’autorité de l’État doit être claire, cohérente et respectée.
À ce titre, il revient au Président de la République de mettre de l’ordre au sein de l’exécutif, de rappeler la discipline gouvernementale et de veiller au respect des institutions de la République. Le fonctionnement harmonieux de l’État dépend de cette clarté.
Les Sénégalais n’attendent pas des rivalités de protocole. Ils attendent des solutions à leurs difficultés quotidiennes. Ils attendent que leurs dirigeants soient pleinement mobilisés sur les véritables priorités nationales.
La mission première de l’État reste et doit rester la protection des personnes et des biens, la stabilité du pays et la réponse aux attentes légitimes de la population.
Le peuple sénégalais est fatigué des querelles politiques et des démonstrations d’ego. Il attend des dirigeants responsables, concentrés sur l’essentiel : le bien-être de la nation.
Le moment est venu de remettre les priorités du pays au centre de l’action publique.
Jamm ci rewmi.
Ibrahima Diop
Président du Mouvement JAMMI Sénégal
